Cancale (35) : bâti pan de bois

Un projet en semi-auto-construction

Atelier « Qu’en pince le crabe » et Ets « Woody Roux »

C’est une belle collaboration durant les mois qui ont précédé la construction de ce bâti pan de bois, qui a permis la réalisation de ce projet en semi-auto-construction.

Le client descendant d’une dynastie de scieurs en Haute-Marne a fourni les bois (son métier est le négoce et le courtage de bois).
Nous avons, mes matelots et moi, réalisé en atelier l’ensemble des colombages, l’empoutrement, la charpente de comble et l’appentis.
Après le levage de ces ensembles, réalisé à l’aide d’un mât, les clients ont réalisé le palançonnage (palançon : baguette de bois brut coincée à force entre deux colombes rainurées à cet effet, destinées à lier le hourdis au pan-de-bois), l’isolation des versants de toiture avec de la laine de chanvre.

Un chantier participatif

Le hourdis chanvre et chaux fut réalisé collectivement en quelques week-ends avec les amis, les voisins, quelques enfants, une élève-architecte, un maçon retraité ayant des doutes sur la solidité de ce hourdis et très curieux d’en tirer quelques conclusions…
Un travail de qualité un peu inégal inhérent à ce type de chantier participatif, mais une belle réussite par la découverte que ce fut pour la plupart des participants. Et tout cela dans une très bonne ambiance.

Les propriétaires ont également posé les menuiseries, les planchers ainsi que le bardage châtaignier et les enduits de finition intérieure.
Une élève-architecte de l’école de Rennes, curieuse du quoi-comment-qu’on fait les choses, fit deux stages parmi nous lors du levage des pan-de-bois et de la charpente de comble et également lors du hourdis chanvre et chaux:un exemple à suivre.

Pour les connaisseurs des constructions en bois

La qualité de sciage des bois fourni par le client était assez moyenne, nous avons du ligner tous les bois avant leur mise sur ligne et de procéder au piquage. La plupart des assemblages est à tenon-mortaise, des paumes carrées pour les solivettes, quelques entures à mi-bois et tenon, quelques tenons traversant avec embrèvements pour les sommiers, des couillus en bout de pannes, sablières et des faîtages, les croix de St André sont assemblées à queue d’aigle avec les pan-de-bois et à mi-bois avec les contrefiches…Bref c’est le solfège du métier.

L’équipe qui œuvrait avec moi cette année-là a beaucoup apprécié ce chantier.

Le levage au mât s’imposait, la configuration des lieux ne permettant pas le stationnement d’une grue.