Parquet d’onglet – Keravenan

Dans ce manoir XVIIème, le mauvais état du parquet de châtaignier d’une des chambre, nécessitait son remplacement. Ce parquet à motif dit « d’onglet », avait mal vieilli car posé sur des solivettes qui n’avaient pas les dispositions ad-hoc.

Le maître des lieux fut fort aise d’apprendre qu’à l’identique la chose pouvait être refaite, mais point de manquements cette fois aux dites solivettes. J’ai donc refait à l’identique ce parquet d’onglet, en belles lames de châtaignier. La difficulté était de trouver des plots de châtaignier assez longs et de bonnes largeurs.
La fabrication du parquet ne pose pas de problèmes particuliers pour peu que le relevé soit précis ainsi que le calepinage.

Mais qu’est-ce donc qu’un parquet d’onglet ? Ce motif correspond à une pièce carrée ou presque.

  • 1- vous tracez un carré.
  • 2-vous le divisez en quatre par le milieu de ses côtés.
  • 3-vous tracez les diagonales du carré
  • 4- vous posez vos lames parallèlement aux diagonales, leurs extrémités venant en coupe d’onglet contre les bras de la croix de la première division en quatre

La théorie voudrait que toutes les coupes soient à 45° mais ce serait trop simple ! Serez-vous curieux jusqu’au bout ? Dans le cas de Keravenan, la pièce est légèrement rectangulaire et elle n’est pas régulière non plus (c’est à dire que les murs ne sont pas d’équerre entre eux).
Il en résulte donc qu’il n’y a pas une seule coupe à 45° !! Mais huit valeurs angulaires différentes : une pour chaque ligne de coupes.
Le mik est déconseillé dans ces cas là. Ici comme au Rocher au merle (chapitre charpentes ), les irrégularités géométriques sont « invisibles » grâce au savoir et au talent de nos anciens (alors qu’ils ont « raté » le solivage).